Hubert TempêteLa macagna bastiaccia

Chanson

A merria

La chanson sur la mairie qui lui a valu d’être traité de « poète de caniveau » — et qui a fait de lui, trente ans plus tard, un classique.

En corse, a merria, c’est la mairie. Le titre annonce la couleur : Hubert Tempête s’y moque du laxisme supposé des employés municipaux.

Une satire qui vise juste

La chanson appartient au registre le plus ancien de la macagna : le rire aux dépens de l’institution locale, des horaires souples, de la file d’attente et du guichet qui ferme. Le sujet est universel ; la précision du texte, elle, est entièrement bastiaise. C’est ce qui fait mouche.

Le « poète de caniveau »

La réaction ne s’est pas fait attendre. Un syndicat municipal a publiquement qualifié Hubert Tempête de « poète de caniveau ».

L’insulte est restée dans l’histoire — pas au détriment de l’artiste, mais à celui de ses auteurs. Elle dit exactement ce qu’un chansonnier doit provoquer : une institution qui se vexe. Et elle confirme que la chanson avait touché son but.

Poète de caniveau.

Un syndicat municipal bastiais, à propos d’Hubert Tempête

La reprise par I Mantini

Dans les années 1990, le groupe I Mantini, emmené par José Oliva et Daniel Vincensini, reprend le titre. L’effet est considérable : une chanson de cabaret des décennies précédentes revient dans les enceintes et les soirées d’une nouvelle génération.

Hubert Tempête considère les membres d’I Mantini comme ses fils spirituels ; eux le décrivent comme leur « père spirituel ». Lire l’histoire de cette filiation.

Une orthographe flottante

Le titre apparaît dans la presse sous plusieurs formes : A merria, A meria. C’est caractéristique d’un répertoire transmis d’abord oralement et sur scène, bien avant d’être écrit ou enregistré.

← Retour au répertoire complet

Sources

Page rédigée par Yvan Barbaggio — dernière mise à jour le .